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Camille Claudel Bronze de Michel Duplaix sera presenté à Art en capital au Grand Palais du 22 au 27 Novembre 2011 avec 3 poèmes du même auteur

Publié le par Sculpture46

Camille Claudel et le soulier de Satan

ou le calvaire infligé par une mère maintenant sa fille 30 années internée sans jamais lui rendre visite

 

Bronze de Michel Duplaix fondubrz9.jpg chez Godard à Malakoff

 

 

3 poèmes de Michel Duplaix

 

 

Le soulier de Satan

 

 

 

Dans un emballement de pulsions implacables

Un coeur et un marteau souffraient

L'un caressait, l'autre creusait.

Ainsi cheminaient deux vies inexorables.

 

 

 

L'Implorante, à la jeunesse si tôt épuisée

N'implorait plus sous les verrous

En Montdevergues, loin de nous

Entre espoir fou et nuit...la solitude damnée.

 

 

Aucune Annonce faite à Camille, mais Pain Dur,

Pas de Mère à Midi. Toi mère

Aux doux sentiments de Cerbère

Qui, jamais, ne te rendis en ce lieu obscur.

 

 

 

Camille au Bûcher, Tête d'or martyrisée.

Non plus à Midi de Partage,

D'une danse macabre, L'Otage.

Pauvre corps englouti dans la communauté,

 

 

Elle était Camille de Rodin.

 

 

 

 

 

 

Mon rêve damné

 

 

 

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant

D'une femme enfermée en un lieu de douleur

Au regard éperdu au-delà de l'horreur

Et qui m'est chaque fois même ensorcellement.

 

 

Meurtrie d'égarement, son spectre déambule

En mon cœur alarmé. Il cerne mon front blême

De montagnes de cris, de portées d'anathèmes

Il hurle et je l'aime dans ce rêve qui me brule.

 

 

Où donc a fui le noir de ses cheveux d'antan

Panache recroquevillé sous un chapeau croulant

Comme ceux des oubliés que la vie exila.

 

 

Son regard est pareil au regard de ses œuvres

Et sa triste voix qui, tant d'années, se déchira

Je les aime en pleurant comme on aime un chef-d'œuvre.

 

 

Elle était Camille de Rodin.

 

 

 

 

 

 

 

Toujours elle

 

 

 

 

 

Elle s'appelait Camille Claudel, ,

Eteinte en folle chapelle.

Pourquoi tant de chagrin...

Trop tard

Pour lui tendre la main.

L'ailleurs de l'au-delà des cieux

Où se perdaient ses yeux,

Elle y noyait sa misère,

Y cherchait un baiser de sa mère.

En était pleine de fièvre.

 

Mais,

 

Point de lèvres,

Point de ce lien.

Rien.

 

Celle que j'aimais si belle,

Bronze, garde la moi

En son vieille âge, telle

Dans l'immortalité du destin

Qui la broya, matin après matin.

 

 

 

*

 

 

 

 

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