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Marie Espalieu et l'Art Brut au musée de Cahors les portes s'ouvrent enfin

Publié le par Sculpture46

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L'ESPRIT DES BRANCHES

 

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collec Pierre Giustranti 

 

 

 

Robert Doisneau et Marie Espalieu, une rencontre

 

Jean-Albert Deroudille, raconte très bien dans Gazogène[1] la découverte des œuvres de Marie Espalieu au hasard d'une partie de pêche à la ligne et comment son beau-père de photographe eut le coup de foudre pour le bestiaire de l'artiste au point qu'une de ses œuvres soit (et est encore) en permanence dans son atelier.

Robert Doisneau était amoureux du Lot, découvert avant la Seconde Guerre mondiale, et dont il fit son lieu de prédilection jusqu'à sa disparition. Lui, comme sa famille, y passait chaque année leurs vacances à Saint-Céré ou Loubressac. Ami de Jean Lurçat qui avait son atelier aux tours de Saint-Laurent (le village de Marie Espalieu), il était aussi intime de Pierre Delbos qui tenait avec sa femme le dancing-galerie « Le Casino » à Saint-Céré, ainsi qu'avec Jean Cassagnade proche de Lurçat. A Souillac, il retrouvait un autre proche, Pierre Betz, qui lui confiait des travaux pour son exceptionnelle revue Le Point. Il fera même des cartes postales pour le Syndicat d'Initiative de Souillac. A Martel, il rendait visite à Raymond Grosset de l'agence Rapho.

De plus, Robert Doisneau a été un des rares photographes de cette époque (avec Gilles Ehrmann) a porter un intérêt constant aux artistes dits « bruts » qu'il baptisait, lui, « bâtisseurs chimériques ». Aidé de son ami Robert Giraud (dit Bob), l'auteur du Vin des rues et de remarquables ouvrages sur l'argot, il en a rencontré et photographié plus d'un. Un chapitre de son livre de souvenirs A l'imparfait de l'objectif, leur est consacré. Aussi n'est-ce pas étonnant qu'il se soit enthousiasmé pour Marie Espalieu dès les années 1970. Il jubilait de l'avoir pour modèle.

Et c'est toute la famille Doisneau, les filles, les petits-enfants, les cousins qui partagent cet enthousiasme, achètent des œuvres, en offrent. Le grand critique René Deroudille partage cet amour et fera le premier article jamais publié à son sujet.

Marie Espalieu, comme d'autres artistes photographiés par Doisneau (Martial Besse par exemple), sera très sensible à cet intérêt. Elle conservait comme un trésor les images d'elle que lui a donné Doisneau, ainsi que le livre Les Révoltés du Merveilleux qui en reproduit certaines. Mais comme beaucoup d'artistes de ce genre elle était tout à la fois troublée, inquiète et se méfiait de l'appareil photographique.

Loin de toute vanité, l'intérêt de Doisneau et de ses proches était pour elle une reconnaissance qui l'incitait à créer, quelle que soit l'indifférence que certains pouvaient lui montrer.

Charles Soubeyran.

 

L'Exposition

 

L'exposition rassemble une centaine de peintures et de sculptures de Marie Espalieu, une quinzaine de sculptures de son fils Gérard et les sept portraits que Robert Doisneau fit d'elle dans les années 1970.

 

Typologie. Les peintures (23 pièces) de Marie Espalieu relèvent du portrait et du paysage et ses  sculptures appartiennent à trois catégories : des choses (19 pièces), des bêtes (36 pièces) et des gens (29 pièces). Par choses nous entendons l'ameublement décoratif (buffet, commode, fontaine, sellette, tableau) et le mobilier de jardin (modèle réduit de puits, pots de fleurs). En ce qui concerne le bestiaire nous distinguons les animaux de basse-cour (dindon, oie, paon, pintade, poule), domestiques (chat, chien), d'élevage (cochon, mouton, vache, veau), le gibier (cerf, sanglier) et une faune sauvage rencontrée dans les zoos, les livres d'images ou à la télévision (éléphant, girafe, oiseau, perroquet). Pour ce qui est des gens, nous retenons deux cercles concentriques dont l'autoportrait de Marie Espalieu serait à la fois le centre et le déclencheur : les figures du village (enfant, femme, homme) distinguées ou non par un attribut (bergère, couple de hippies, fileuse, vieil homme à la canne et/ou à la pipe), les figures bibliques (Ange, Marie, Jésus, Joseph) et les figures « mythiques » plutôt que mythologiques (chevalier, personnage non identifié).

 

Création. Il se peut que Marie Espalieu découvre une branche, une planche ou un petit morceau de bois et y voit une forme : une tête, un cou, un dos animal ou humain ; qu'elle prélève cet élément déclencheur et structurant, lui greffe une oreille, une patte ou un bras et peigne le tout pour qu'il ressemble à « quelque chose ». Il se peut aussi que la trouvaille soit le produit d'une quête et coïncide avec l'idée qu'elle se fait de ce « quelque chose » dans sa globalité. Les œuvres de Marie Espalieu seraient alors des mises en forme, en deux ou trois dimensions, de ses images mentales.

 

Les Pieds sur terre. Les sculptures de Marie Espalieu obéissent strictement aux lois de la gravitation et de l'équilibre. Elles se détachent « naturellement » de l'espace qui les entoure, elles tiennent debout, tout simplement. Dans le cas des personnages, l'équilibre des forces, obtenu par la savante combinaison des assemblages, repose généralement et comme par magie acrobatique, sur deux petites baguettes verticales reliées à des pieds minuscules - la base ou le socle servant seulement d'interface. Cette notion d'enracinement et de légèreté qui se vérifie également chez les animaux, est confortée par la nature même des matériaux employés pour la fabrication des squelettes et l'habillage des corps : troncs biscornus et noueux, branches fourchues, tordues par le vent et tendues vers le ciel. De ce point de vue, Marie Espalieu ne tire pas seulement parti de la matière ligneuse dont elle se sert et qu'elle transforme, elle la respecte et prolonge son existence première.

 

Pistes. La création de Marie Espalieu est assez cohérente et originale d'un point de vue technique et iconographique et elle exerce une force de convocation suffisante pour susciter quelques réflexions sur les notions d'unicité et/ou d'universalité de l'Art. Une chose est sûre, nous ne situons pas l'ensemble réuni dans cette exposition du côté du brut ou du bizarre puisque nous ne considérons pas brut ou bizarre le fait d'élaborer, de faire et de représenter. De même, nous nous gardons d'établir des correspondances un peu rapides entre ses sculptures et d'autres formes d'expressions plastiques africaines et asiatiques ou avec certaines œuvres de Jean-Michel Basquiat par exemple. En revanche, nous comparons ses matériaux de rebut et leur assemblage avec tout ce que les économies de subsistance post-coloniales transforment chaque jour en choses ou en images nouvelles et acceptons l'idée que ses sculptures exercent le même pouvoir de provocation que celles de l'artiste américain. Cette première approche, ouvre quelques pistes qui ramènent toutes à l'environnement immédiat de Marie Espalieu et à cet « esprit des branches » dont parlent Jean-François Maurice et Charles Soubeyran. C'est ainsi qu'il nous semble utile de connaître les retables baroques des églises quercynoises pour comprendre ses sculptures passées à la peinture dorée et qu'il faudrait visionner La Piste aux étoiles ou les documentaires animaliers pour que son éléphant, sa girafe ou son perroquet trouvent leur juste place dans son arche de Noé. La poésie fera le reste.

 



Programme



 

 

Visite presse                                                 vendredi 14 octobre 2011          16h 30

Inauguration                                                  vendredi 14 octobre 2011          18h 00

Rencontre avec Jean-Marie Drot                samedi 15 octobre 2011 16h 00

 

Projections     L'enchanteur Aristide Caillaud de Jean-Marie Drot, 1980, 55 mn.       tous les jours

                        L'enchanteur Robert Tatin de Jean-Marie Drot, 1980, 55 mn.              tous les jours

                        Marie Espalieu de Giovanni Lifraine, 1992, 12 mn.                               tous les jours

                

Surprises                                                       samedi 28 janvier 2012              16h 00

 

 

 

 

Le service éducatif et culturel du musée de Cahors proposera un dossier pédagogique, des visites guidées et des ateliers d’arts plastiques, animés par Karine Veyres et Evelyne Cassan, plasticiennes. Ces animations, adaptées à tous les niveaux, de la maternelle au lycée, permettront aux élèves de découvrir une expression artistique ludique et non conventionnelle, propice à stimuler leur imaginaire et leur créativité. Ces propositions sont gratuites pour tous les établissements de l’Inspection académique du Lot. Détail des rencontres avec les enseignants, des ateliers et inscriptions au 05.65.20.88.68. ou par courriel : smaggiani@mairie-cahors.fr

 

Informations pratiques

 

Coordonnées 

musée de cahors henri-martin

792, rue Émile Zola 46000 Cahors

tél : 05 65 20 88 66

e-mail : musee@mairie-cahors.fr

 

 

Horaires

Ouvert tous les jours (sauf mardi) de 11h à 18h, dimanches et jours fériés 14h à 18h ; fermé les 24 et 25 décembre et les 31 décembre et 1er janvier.

 

 

Tarifs

plein tarif : 3 €

tarif réduit (18-25 ans et + de 60 ans) : 1,50 €

gratuit : - de 18 ans et tous les premiers dimanches de chaque mois.

 

 

Site internet

Pour préparer la visite de l’exposition présentée à Cahors, visionner les notices documentaires de tous les objets exposés, en savoir plus sur les collections et les activités du musée de cahors henri-martin : www.mairie-cahors.fr

 

 

Publication

Marie Espalieu, l'esprit des branches, catalogue de l'exposition, textes de Benoît Decron, Savine Faupin, Laurent Guillaut, Jean-François Maurice, Charles Soubeyran, numéro spécial de la revue Gazogène, 132 pages couleur, coédition MCHM, 20 €.

 

 

Contact service éducatif / programmation culturelle

Sabine Maggiani

musée de cahors henri-martin

792, rue Émile Zola 46000 Cahors

tél : 05 65 20 88 68

e-mail : smaggiani@mairie-cahors.fr

 

 

Contact presse

Marie-Pierre Mazières

Mairie de Cahors – Service Communication

boulevard Gambetta 46000 Cahors

tél : 05 65 20 87 08

e-mail : mpmazieres@mairie-cahors.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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